Histoire de Coligny

La Résistance (1940 à 1945)



 

À Coligny comme dans bon nombre de villages français, il règne une drôle d’ambiance en 1943.

La population subit l'occupation allemande (pénurie, tickets de rationnement, tâches imposées...). Une sourde protestation montait dans les esprits. Si on ajoute à cela le patriotisme, l'hostilité au fascisme, les traditions républicaines, le refus de la persécution antisémite, on peut comprendre l'apparition d'une volonté de résistance envers l'occupant.

 

En plus, l'appel pour le S.T.O. accentue cette démarche résistante. En effet, les jeunes que le régime de Pétain obligeait à partir pour l'Allemagne se trouvaient devant un choix difficile : soit partir, soit déserter. Le rôle du mouvement de résistance a été alors d'organiser cette désertion et l'avenir de ces jeunes gens.

 

Enfin, il manquait un élément moteur à cette organisation, la résistance l'a trouvé en la personne de Paul Cribeillet (capitaine Grillon) qui créa le 1er bataillon F.T.P. composé de 625 hommes en septembre 1943. Trois groupes formaient un détachement, trois détachements formaient une compagnie et quatre compagnies formaient un bataillon.

La résistance rassembla les jeunes réfractaires des communes de Pirajoux, Beaupont-Domsure et Marboz dans la 5ème compagnie. Cela représentait une centaine d'hommes. La 9ème compagnie regroupait des habitants des communes de Coligny, Villemotier, Verjon et Beny placés sous le commandement de René Chamerlin. Les villages de la vallée du Suran étaient quant à eux représentés par la 10e compagnie dirigée par Jean Pierre. Il est important de noter que ces trois compagnies rassemblaient des résistants dit sédentaires. Après avoir refusé de partir pour le S.T.O., ces jeunes purent rester à leur domicile où celui d'un proche grâce à de faux papiers. Cependant, ce n'était pas le cas de tout le monde, et une partie des réfractaires erraient dans la nature : ils ont été recueillis et organisés par Claude Despatin (Jean Martel) qui a ainsi constitué le Camp Vengeur, la 8e compagnie qui représentait alors le maquis proprement dit. Notons au passage qu'elle rassemblait des Russes et des Italiens qui avaient désertés l'embrigadement nazi.

 

La communication entre ces diverses compagnies se faisait par l'intermédiaire d'agents de liaison. La prise de décision incombait aux dirigeants du bataillon ou venait de l'échelon départemental voire national par l'intermédiaire d'Henri Bourbon (commandant Richard). Les réunions avaient lieu de nuit à la Grange Bouquet pour Pirajoux, dans les bois d'Orgent pour Coligny, au hameau de La ville sous Turin pour Beaupont...

 

Le premier P.C. fut installé au domicile de Paul Cribeillet, à la ferme de Varanglas, aussi appelée Ferme des maquisards. Victime de la délation, il dut déménager. Les réunions se firent alors à Orgent ou à la Grange Bouquet, alternant les lieux de rencontre par souci de sécurité.

 

Les maquisards étaient approvisionnés en armes et en munitions par l'Armée Secrète (A.S.) et l'Intelligence Service (I.S.). Deux parachutages  eurent lieu dans les environs de Vergongeat et Fougemagne.

 

Les premières missions de la Résistance étaient de recueillir les réfractaires au S.T.O., de leur fournir de faux papiers et de leur trouver un foyer d'accueil. À partir de février 1943, les Résistants commencèrent à faire dérailler les trains. Ces actions permirent de limiter la fuite des vivres vers l'Allemagne et même de prélever dans les ressources allemandes afin de nourrir les maquisards. Peu à peu les déraillements ont pris une autre dimension :  c’était un formidable moyen de saboter le moral des troupes allemandes. De nombreux autres sabotages eurent lieu, comme la destruction de deux avions de la Luftwafe.

 

La direction nationale de la Résistance fit savoir au 1er bataillon de l'Ain qu’il devait se tenir prêt pour le 6 juin 1944. Prêts, ils devaient l'être au niveau de l'armement, des effectifs et de la stratégie. Ainsi, à partir du jour du débarquement, les trois compagnies de sédentaires ont rejoint la 8ème compagnie dans le maquis.

 

 

Les maquisards rendent inutilisables les voies de communication importantes que sont la voie ferrée et la route nationale 83 (le route de l’Allemagne) en creusant des tranchées et en abattant des arbres. La résistance adopta une tactique de guérilla : les embuscades devinrent de plus en plus fréquentes et meurtrières (du côté allemand).

Par la suite, les effectifs des F.T.P. grossirent. Leur survie dans le maquis nécessite la constitution de diverses compagnies pour assurer l'intendance,   le ravitaillement et les sons médicaux. Grâce à une organisation méticuleuse et une volonté irrésistible, les hommes du 1e bataillon de l'Ain ont largement contribué à la libération du Revermont.